COMMUNIQUÉ DE PRESSE

  • Faire bouger l'agriculture

Publié le

Une campagne agricole dramatique

L’année 2026 restera marquée par des conditions climatiques particulièrement difficiles : un excès d’eau durant l’hiver, suivi d’une sécheresse sans précédent. Conséquence directe, les rendements céréaliers chutent et les récoltes de fourrages s’annoncent insuffisantes, faisant craindre des difficultés pour nourrir les troupeaux cet hiver. À cette double peine climatique s’ajoute l’explosion continue des charges d’approvisionnement, qui aggrave une fragilité économique déjà présente dans un grand nombre d’exploitations du territoire.

Pour la Fédération des CUMA du Poitou, un constat s’impose : la détresse individuelle des exploitations est en train de paralyser l’outil collectif.

Un effet domino qui menace tout le territoire

Le principe même d’une CUMA repose sur la mutualisation des coûts de mécanisation entre adhérents. Mais lorsque la fragilité financière des exploitations empêche de nombreux agriculteurs de régler leurs factures dans les délais, c’est la trésorerie de la CUMA elle-même qui se retrouve fragilisée — avec un risque direct sur sa capacité à rembourser ses emprunts bancaires et à payer ses fournisseurs.

« Si une CUMA flanche, ce n’est pas une seule ferme qui s’arrête, ce sont 10, 20 ou 30 exploitations d’un coup qui ne peuvent plus semer, entretenir ou récolter leurs cultures. Soutenir la CUMA, c’est un levier d’action massif pour protéger tout le territoire », rappelle Olivier Marquis, Président de la Fédération.

Quatre demandes prioritaires portées par le réseau

Pour enrayer cette crise et redonner de l’oxygène à la trésorerie des CUMA et de leurs adhérents, les représentants du réseau portent quatre demandes auprès de l’État et des partenaires financiers :

1. Activation du Fonds d’Allègement des Charges (FAC CUMA) : la prise en charge par l’État de tout ou partie des intérêts d’emprunt des CUMA sur l’année en cours, afin de réduire immédiatement le coût de revient des matériels et d’alléger les factures des adhérents.

2. Moratoire bancaire et différé d’amortissement sans frais : la mise en place d’un report d’un an du remboursement du capital des emprunts matériels auprès des établissements bancaires, sans pénalités ni surcoûts d’assurance.

3. Paiement accéléré des subventions d’investissement (PCAE / FEADER) : le déblocage sans délai, par l’Agence de Services et de Paiement (ASP), de tous les soldes et avances d’aides en attente pour les investissements CUMA.

4. Prise en charge des cotisations sociales MSA pour les CUMA employeuses de main-d’œuvre.

Un appel à des décisions immédiates

Le réseau CUMA appelle les services de l’État et les partenaires financiers à prendre la mesure de l’urgence. Pour la Fédération des CUMA du Poitou, des arbitrages rapides et de bon sens sont indispensables pour éviter la casse sociale et économique dans les campagnes de la Vienne et des Deux-Sèvres.